Je suis un journaliste en formation au sein de l'Université de Cergy-Pontoise. J'ai quelques projets média en tête, notamment au Danemark. J'aime le sport mais je me dois de toucher à tout.
Alors que le Tour d'Italie va débuter demain à Naples pour se terminer à Brescia le 26 mai prochain, avec comme grandissimes favoris Bradley Wiggins et Vincenzo Nibali. Innitialement prévu que pour le Giro, il se pourrait finalement que le Britannique pourrait prendre part à la 100ème Grande Boucle, au grand damne de Chris Froome, son coéquipier et dans la tête de liste des probables maillot jaune. Les équipes qui prendront part à ce Tour de France venant d'être révélé, c'est le moment de faire un point sur les grands favoris de l'édition 2013.
Cette année, le Tour de France va célébrer sa centième édition, depuis sa création en 1903 par Henri Desgranges. À événement exceptionnel, parcours de premier choix. Les coureurs vont tout d'abord se frotter à l'inédit, avec trois premiers jours en Corse : Porto-Vecchio - Bastia (212km), Bastia - Ajaccio (173km) et Ajaccio - Calvi (191km), sur les habituelles routes du Critérium International. Le parcours sera fortement accidenté dans les montagnes corses et les bordures seront possible lors de la première étape, quand le peloton roulera près de la Méditerranée. Dès les premiers jours, les organismes seront mis à rude épreuve, avant même d'affronter les cols pyrénéens et alpins, dont la double-ascension de l'Alpe d'Huez, sans oublier le terrifiant Mont Ventoux. Les puncheurs ont toutes leurs chances de réussite. Le décor sera aussi magistral. Le Tour débute sur l'Île de Beauté, puis fera un crochet par la Bretagne et les châteaux de la Loire, avant de descendre en Provence. La dernière étape, à défaut d'être décisive, sera encore plus prestigieuse : elle partira du Château de Versailles pour se conclure sur les Champs Élysées, en soirée.
Le prestigieux parcours de la 100ème édition de la Grande Boucle devrait permettre un grand spectacle. Et les favoris risquent de se bousculer au portillon afin de voir son nom associé à ce centenaire. Qui succédera à Bradley Wiggins au bout des 3 360 kilomètres de la plus grande épreuve cycliste professionnelle au monde ? Quels sont les coureurs qui pourraient tirer leur épingle du jeu pour gagner une étape, un maillot distinctif ou la récompense suprême ? Chris Froome va-t-il bousculer la hiérarchie et son leader incontesté, Bradley Wiggins, pour décrocher un sésame qui lui était accessible en 2012 ? Et surtout, quels cyclistes français peuvent confirmer leurs talents sur ce Tour ?
Une chose est sûre, 22 équipes prendront part à la grande fête mondiale du cyclisme : il y aura les 19 qui sont inscrites sur le calendrier du World Tour, dont les compétitions ne sont accessible aux équipes du Pro Tour, ou sur invitation exceptionnelle. Cette invitation, nommée "Wild Card" (Cart dorée) a été attribué à trois équipes françaises : Europcar, Cofidis et Sojasun. Chacune de ces équipes devront aligner 9 coureurs, ni plus, ni moins, avec un seul leader, et dans certaines d'entre elles, la concurrence sera rude.
Team Sky : Wiggins ou Froome ?
Lors du précédent Tour de France, la formation Sky a dominé en long, en large et en travers la 99ème Grande Boucle, laissant peu de place au suspens et consacrant un Bradley Wiggins extrêmement performant sur contre-la-montre et presque serein dans les montagnes. Presque, puisque l'un de ses lieutenants, le Sud-Africain Christopher Froome, aurait pu bousculer la hiérarchie dès la 11ème étape, se montrant plus, beaucoup plus en jambes qu'un Wiggins un peu juste. Le coéquipier du coureur britannique a été stoppé dans son élan par son directeur sportif, David Brailsford. Cette année, les choses risquent de changer. La Team Sky a été claire : Wiggins sera le leader du Giro et Froome, celui du Tour. Oui mais voilà, le champion olympique de contre-la-montre aimerait défendre son titre et gagner une deuxième Grande Boucle de rang.
D'un point de vue technique, Wiggins est paraitement capable de distancer ses concurrents loin derrière lui lors des contre-la-montre et de se contenter d'assurer en montagne, entouré de ses talentueux lieutenants, comme il l'a fait en 2012. Contrairement au Britannique, Froome est moins dans son avantage avec les épreuves chronométrées mais il a montré qu'il était parfaitement capable de lutter pour les premières places sur un grand tour, et son palmarès le démontre : 2ème du Tour de France 2012, derrière Wiggins, vainqueur de la 7ème étape dans le Jura ; 2ème du Tour d'Espagne 2011, maillot rouge du meilleur grimpeur et vainqueur de la 17ème étape, près de Santander ; 4ème de cette même Vuelta en 2012. Il semble donc plus apte à lutter pour le maillot jaune dans les montagnes du Tour. D'autant plus qu'il vient de remporter le Tour de Romandie, en Suisse.
Casse-tête chez les RadioShack
L'équipe RadioShack, vainqueur du classement par équipes au précédent Tour, va connaître un vrai casse-tête dans le choix de celui qui mènera le train luxembourgeois pour la 100ème édition de la Grande Boucle. Beaucoup de prétendants, de fortes têtes et surtout de coureurs capables de briller dans une grande épreuve cycliste. Pourtant, les frères Schleck ont très peu de chances de se démarquer et de faire parler d'eux sur le Tour. Et pour cause : Frank a été suspendu à la suite d'un contrôle positif à la Xipamide sur la Grande Boucle en 2012. Il doit purger sa peine jusqu'à la mi-juillet et ne prendra donc pas le départ de la course.
Quant à Andy Schleck, il ne s'est pas encore tout à fait remis de la chute qu'il avait subit lors du Dauphiné Libéré en 2012, quelques semaines avant le Tour. Son début de saison 2013 est en-deçà de ses objectifs et ses performances ne sont plus au même niveau qu'en 2011, où il avait terminé 2ème avec le maillot blanc, derrière Evans. Il n'est pas impossible qu'il prenne le départ de Tour fin juin, mais sûrement pas en tant que leader. Alors, qui peut le remplacer dans ce rôle ? Il y a de nombreux concurents à ce poste, à commencer par Spartacus, Fabian Cancellara. Redoutable en prologue et gros baroudeur, il peut jouer un rôle d'outsider, lui qui a régulièrement porté la tunique jaune par le passé. Problème, le parcours est trop accidenté pour un coureur de son gabarit et il le comprend lui-même. Il pourrait en effet faire une croix sur la Grande Boucle pour se concentrer sur les Championnats du Monde. Également absent du Giro, il devrait prendre part à la Vuelta.
Reste quelques coureurs pouvant prendre le rôle de favori, que ce soit par l'expérience ou par leurs performances. Alors que le Croate Robert Kiserlovski s'est vu attribué le rôle de leader pour le Tour d'Italie, d'autres peuvent très bien remplir ce rôle de premier plan. Parmi ceux qui ont eu un très bon classement lors de l'édition 2012, il y a Haimar Zubeldia, 6ème, Andreas Kloden, 11ème, Christopher Horner, 13ème ou encore Maxime Monfort, 16ème. Le Belge semble le mieux placé par sa jeunesse par rapport aux autres (30 ans) et son début de saison est plutôt satisfaisant (25ème du Paris-Nice et du Tour du Pays-Basque, 19ème du Critérium International). Le coureur allemand n'est pas mal non plus malgré son âge avancé (37 ans), avec une 6ème place sur le Tour de l'Algarve au Portugal entre autres. Reste à savoir lequel d'entre eux convaincra Flavio Becca de porter le dossard numéro un, celui qui aura pour rôle de chasser la tunique jaune.
Contador, Van Garderen, Rodriguez et les autres
Après avoir écopé d'une rétro-suspension de deux ans, pour s'être dopé sur le Tour de France 2010 qu'il avait gagné, Alberto Contador revient en forme à l'approche de la Grande Boucle, bien décidé à se faire pardonner de sa tricherie par le sport. Sa troisième place sur le Tirreno-Adriatico et sa 5ème position sur le Tour du Pays-Basque remettent l'espagnol sur les devants de la scène, le plaçant parmi les grands favoris de ce Tour. Il ne faut pas oublier non plus Cadel Evans, vainqueur en 2011, qui est tout de même sur le déclin, du haut de ses 36 ans. La concurrence de Tejay Van Garderen est rude mais le vieux coureur de la BMC reste un leader incontesté et va courir le Tour d'Italie. Il n'était pas favori lors de sa victoire en 2011, alors pourquoi pas un dernier baroud d'honneur dans le prestige de la 100ème édition du Tour ?
Parmi les grands favoris figure justement Tejay Van Garderen. Brillant lors du précédent Tour de France, avec sa 5ème place et le maillot blanc sur les Champs Élysées, ses récents classements font du coureur américain de 25 ans un concurrent très sérieux pour le titre suprême et succéder à Wiggins sur la plus haute marche du podium. Il faut également se méfier du Slovaque Peter Sagan, aussi à l'aise dans les sprints que dans les parcours accidentés. Avec sa deuxième place sur le Milan-San Remo, ses victoires d'étape au Tour d'Oman et du Tirreno-Adriatico, ainsi que ses premières places sur le Gand-Wevelgem et la Flèche Brabançonne, c'est l'un des coureurs les plus redoutables dans le peloton et il pourrait enchaîner les victoires sur les sprints et décrocher de nouveau le maillot vert. Et pourquoi pas plus.
La Team Katusha a frisé la catastrophe. Dans un premier temps rétrogradé en Continenatle Pro, pour des affaires de dopage, la formation s'est engager à prévenir le dopage, ce qui lui a permis de réintégré le Pro Tour au dernier moment, mais surtout de conserver sa pépite espagnole, Joaquim Rodriguez, qui est désormais plus que jamais prêt à se battre pour gagner un grand tour. Loin devant Wiggins, il a remporté en 2012 le classement général individuel de l'UCI Pro Tour, récompensant son riche palmarès, avec la victoire sur le Tour d'Italie (en plus d'en être le meilleur grimpeur) et sa 3ème place sur la Vuelta. Le coureur espagnol prépare actuellement son Tour de France, en repérant les lieux et les différentes étapes qui seront importantes s'il veut jouer la victoire finale. En 2010, il avait déjà offert un aperçu de l'étendu de son talent, en remportant la 12ème étape du Tour et en terminant 7ème de celui-ci.
Peter Sagan, Samuel Sanchez, Sylvain Chavanel, Jean-Christophe Péraud, Roman Kreuziger, Philippe Gilbert, Maxime Monfort ou Thomas Voeckler, entre autres, pourraient très bien avoir leur mot à dire et créer une grande surprise à l'arrivée sur le Champs Élysées. Ces puncheurs sont tout à fait capable de gagner des étapes et de porter pendant plusieurs jours la tunique jaune, tant convoitée. Parmi les favoris au sprint, on peut cocher les noms de Sagan, Greipel, Boonen, Cavendish, Farrar, Boasson Hagen, Pattacchi mais aussi Démare ou encore Bouhanni, qui se sont révélés comme de redoutables sprinteurs. Pour la montagne, il faudra compter sur les talents que sont Joaquim Rodriguez et Rigoberto Uran, sans omettre Voeckler, Rolland ou Kessiakoff, qui ont brillé dans les montagnes en 2012. Enfin, parmi les jeunes se détachent trois grands favoris au maillot blanc : Sagan (encore lui), Van Garderen et Rolland. Là non plus il ne faut pas oublier des coureurs comme Uran, Talansky ou encore Pinot. Parmi les autres français, il faudra surveiller de près les exploits de Damien Gaudin, Arthur Vichot, Pierrick Fédrigo ou encore Arnold Jeannesson. Si bien sûr, tous les coureurs cités prendront part à la fête.
Quoi qu'il en soit, ce 100ème Tour de France promet d'être haut en couleur, très animé et peut apporter beaucoup de surprises. Les spectacle sera au rendez-vous et les rebondissements nombreux. Peut-être aussi des révélations inattendues.
Romain Lambic