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Je suis un journaliste en formation au sein de l'Université de Cergy-Pontoise. J'ai quelques projets média en tête, notamment au Danemark. J'aime le sport mais je me dois de toucher à tout.

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FIFA : Quand le voile dévoile les sentiments

C'est la période des grandes décision du côté de la Fifa. Après des années de débats, l'arbitrage vidéo devrait enfin voir le jour pour le mondial brésilien dans deux ans. S'en est suivi très peu de temps après une décision qui a provoqué un tremblement de terre dans le monde du football féminin, créant plus qu'un débat, une véritable polémique, faisant oublier l'arbitrage vidéo.

Sep Blatter a en effet annoncé jeudi la décision prise par l'IFAB (International Football Association Board), qui écrit les lois du jeu et confirmée par la FIFA, d'autoriser les joueuses de confession musulmane de porter la hijab, le voile, lors des rencontres officielles, suite à la demande de la Confédération Asiatique de Football. De nombreuses voies s'élèvent, soit pour s'insurger contre cette décision, soit pour se réjouir de cette autorisation.

Un revirement de bord de la Fédération Internationale, qui avait elle-même interdit en 2007 le port du voile islamique sur les terrains. Toutefois, cette décision ne s'appliquera qu'à partir du mois d'octobre, le temps pour la FIFA d'étudier comment le voile épousera la tenue des footballeuses.

 

La FFF n'autorisera pas le voile mais...

Immédiatement, la Fédération Française de Football s'est portée contre cette décision. Dans son communiqué publié hier, au lendemain de l'annonce de la FIFA, elle s'est appuyée sur la législation française, qui interdit tout signe religieux dans les lieux publics (et donc dans les stades), au nom de la laïcité.

Mais la FFF tient a préciser que cette décision ne concernera que l'ensemble des joueuses françaises ou étrangères licenciées en France et sera tolérante vis-à-vis des sélections étrangères venant jouer des matches internationaux dans l'Hexagone.

 

Quant la politique s'en mêle

Très rapidement, la classe politique française a réagi. Parmi les fervents anti-voile, le député UMP Gérald Darmarin demande dans une lettre ouverte à Valérie Fourneyron, Ministre des Sports, d'interdire purement et simplement le port du voile sur les terrains de foot, lui demandant de prendre « une position publique claire » et en déclarant que l'autorisation du voile « porte gravement atteinte à la dignité de la femme ».

La réaction des organisations féministes ne s'est pas fait attendre non plus. En effet, le mouvement Ni Putes Ni Soumises s'insurge sur son site Internet de la décision de la FIFA, en estimant que cette nouvelle loi du jeu « est une régression, une décision qui s'oppose à la neutralité politique et religieuse que se devait de respecter le sport. »

 

Le sport accepte progressivement le voile

Au Canada, en 2009, deux sportives ont été exclues d'une compétition de taekwondo parce qu'elles portait le voile. Néanmoins, l'arbitre à l'origine de cette décision s'est défendu de toute opposition religieuse en invoquant les risques du port du voile dans les sports de combat. Depuis, le voile s'est adapté à la pratique sportive, afin d'éviter tout danger de blessure.

Peu à peu, le sport accepte ce signe religieux, à l'image du CIO qui n'empêche en aucun cas les athlètes musulmanes à porter la hijab lors d'une épreuve des Jeux Olympiques, comme cela s'est déjà vu en tir ou en haltérophilie.

 

La FIFA soutenue par l'ONU

Avant même que la décision d'autoriser le voile sur les terrains de foot ne soit dévoilée par la FIFA, l'Organisation des Nations Unies, son secrétaire général, Ban Ki-moon à sa tête, s'était montrée tout à fait favorable à cette décision, en déclarant que « cela donnerait l'opportunité à de remarquables athlètes féminines que porter le voile n'est pas un obstacle au succès dans la vie et dans le sport » et en espérant que cette décision puisse à terme vaincre les préjugés et les stéréotypes pour « changer les mentalités ». L'ONU souhaite qu'à terme, l'ensemble des compétitions sportives à travers le monde accepte le voile des athlètes musulmanes.

Changement de mentalité ou régression sociale, enfreint à la laïcité ou respect des pratiques religieuses, le port du voile dans le sport provoquera encore nombre de divergences et d'opinions, que ce soit chez les sportifs eux-mêmes, les hommes politiques, les féministes ou les défenseurs de l'Islam. Mais l'universalité du sport est la seule à pouvoir apporter une réponse concrète dans ce débat.

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