Je suis un journaliste en formation au sein de l'Université de Cergy-Pontoise. J'ai quelques projets média en tête, notamment au Danemark. J'aime le sport mais je me dois de toucher à tout.
La crise couve plus que jamais à Sochaux. Dernier du classement au bout de 7 journées, les Lionceaux ont pris lors du précédent exercice une claque face au promu guingampais (1-5). Accablé par de si mauvais résultats au début de cette saison, son entraîneur, Eric Hély, a aussitôt présenté sa démission et quitté le navire franc-comtois. Comment ce club empblématique du paysage français du football en est arrivé à une telle situation ?
La génération 2004 est lointaine
Cette année-là, ou plus exactement entre 2002 et 2004, le FC Sochaux-Montbéliard est à son apogée : il termine deux saisons de suite à la 5ème place du championnat de France et se hisse deux fois en finale de la Coupe de la Ligue, qu'il gagne la deuxième année. Le club doubiste est alors promis à un bel avenir et met en avant son vivier de jeunes talents issus du centre de formation, l'un des meilleurs dans l'Hexagone : Teddy Richert, Sylvain Monsoreau, Jérémy Mathieu, Mickaël Isabey, Benoît Pedretti, Jérémy Menez, Pierre-Alain Frau, Santos, sans oublier les Oruma, Pagis, Flachez ou Lonfat qui venait d'autres horizons. Ces jeunes joueurs faisaient des Lionceaux un équipe redoutable et redoutée, capable de gagner contre n'importe quelle formation, en témoigne le trophée soulevé au Stade de France après une épique séance de tirs aux buts face à Nantes en 2004. Cette équipe, historiquement sponsorisée par Peugeot qui possède à Sochaux l'une de ses principales usines en France, avait l'Europe en tête. Mais au fil des années, le club perd ses meilleurs éléments comme rongé par un mal intérieur, en témoigne son lent déclin au classement, mis à part un sursaut en 2007 avec une 7ème place et une Coupe de France soulevée, sous la génération Afolabi, Bréchet, Leroy, Ziani, Pitau, Sène, Quercia, Le Tallec et Brisa, tous les exercices suivants étant synonyme de lutte pour le maintien avec comme seule éclaircie quelques joueurs talentueux (Erding, Boudebouz, Corchia, Perquis, Mathis, Faty, Martin, Maurice-Belay, Maïga). Depuis, Sochaux lutte pour le maintien.
Rien ne va plus à Soxhaux
Sportivement parlant, Sochaux révèle presque chaque année un ou plusieurs nouveaux visages prometteurs, pour la plupart connus des amateurs de Foot Manager. Si de nouveaux talents émergent régulièrement, ceux-ci ne restent pourtant guère longtemps en Franche-Comté, préférant peut-être un climat plus doux que le Jura mais surtout des salaires et des ambitions plus importants. Menez part à la Roma, Monsoreau et Frau ralient les champions de France lyonnais, Pedretti et Oruma s'envolent pour la douceur provençale à Marseille, Jérémy Mathieu part pour Toulouse avant de découvrir l'Espagne tandis que Santos s'y perd. Plus récemment, Mevlut Erding part pour paname, Damien Perquis découvre les joies de la Liga, Marvin Martin rejoint le champions de France lillois, Maïga traverse la Manche et Ryad Boudebouz, dernier en date, s'exile en Corse. Seul Teddy Richert est resté tout le long de sa carrière fidèle aux Lionceaux, jusqu'à ce qu'il raccroche les gants en 2012. Aujourd'hui ne reste plus que quelques jeunes joueurs issus du centre de formation, qui ne parviennent pas, malgré leur talent évident, à sortir Sochaux de l'ombre, ses meilleurs joueurs partant chaque année.
Eric Hély, réaliste, démissionne.
Mais le côté sportif est-il la seule raison au lent et visible déclin de la maison sochalienne ? Peu probable étant donné que le club franc-comptois possède, malgré la crise, la 9ème place des budgets des clubs de Ligue 1 avec 40 millions d'euros. Au lendemain de la lourde défaite subie à Guingamp, Eric Hély s'est montré réaliste : "Ca fait 20 mois que je me bats aux côtés du staff technique, des joueurs et des dirigeants. J'ai sauvé le club deux fois mais ce soir, dans l'intérêt du club, j'ai présenté ma démission à ma direction." Démission aussitôt acceptée par le vice-président du club doubiste. Mais quel est l'avenir pour le club champion de France de Ligue 2 en 2001 ? Qui peut remplacer Eric Hély sur le banc de touche et surtout qui pourra inverser la tendance et sauver la peau des Lionceaux ? En attendant de trouver un coach qui accepterait la mission impossible du maintien, on parle de Pablo Correa ou de Frédéric Antonetti, un trio a été nommé à la tête du banc de touche : Omar Daf, ancien défenseur sochalien, Eric Pégorer, entraîneur de gardiens et Bernard Ginès, préparateur physique, Bernard Ghenghini (entraîneur adjoint avec Hély) étant mis de côté. Laurent Pernet, président-délégué du club s'explique sur son choix : "Ces trois personnes géreront l'intérim, la période de temps qui va s'écouler entre maintenant et le moment où nous auront un nouvel entraîneur. Ce sera géré de façon collective, la décision finale étant celle d'Omar Daf." L'épineux problème du FC Sochaux est loin d'être réglé et son avenir parmi l'Elite est aujourd'hui plus qu'incertain, à moins d'une révolution.