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Je suis un journaliste en formation au sein de l'Université de Cergy-Pontoise. J'ai quelques projets média en tête, notamment au Danemark. J'aime le sport mais je me dois de toucher à tout.

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Les Bleus encore loin du Brésil

Enfin. Enfin l'Équipe de France retrouve à la fois le chemin des filets et de la victoire. En Biélorussie, dans un scénario digne des grands films d'Hollywood ou d'un épisode d'Olive et Tom, la folie en moins, les hommes de Didier Deschamps sont allé chercher une victoire déterminante sur la route du Brésil, qui pour autant est loin d'être rassurante. La question qui domine les esprits après ce succès laborieux est simple : les Bleus sont-ils capables de se qualifier ?

 

Jamais les Bleus n'avaient été aussi inefficaces dans leur histoire que sur ses cinq derniers matches. Aucun buts, du jamais vu depuis 1904 et plus de 500 minutes du mutisme face aux cages, record datant de 1924 battu après 20 minutes de jeu en terre biélorusse. Le scénario catastrophe se dessine après une demi-heure de jeu dans le stade survolté de Gomel : la Biélorussie ouvre le score, bien aidé par une boulette inhabituelle d'Hugo Lloris, prémisse d'une mauvaise soirée. À la mi-temps, les murs du vestiaire du petit stade ont dût trembler : la France est en très mauvaise posture, à portée de point de son futur adversaire finlandais. Revenus sur le terrain, les Bleus ont la chance dans leur camp. Peu après l'entame, penalty. Ribéry, fort de son titre de joueur UEFA de l'année, prend ses responsabilités et ne laisse aucune chance au portier biélorusse. Fin du mutisme mais 10 minutes après, les locaux marquent de nouveau, d'une frappe lointaine touchée par Lloris. À ce moment du match, les médias auraient fait du gardien de Tottenham leur choux gras le lendemain et la catastrophe semble inévitable. Mais la lucidité quitte peu à peu la sélection biélorusse et l'équipe de France s'infiltre en camp adverse. Contrairement à l'échec de Napoléon dans sa campagne de Russie, les Bleus ont pris le taureau par les cornes pour marquer 3 buts en 10 minutes, par Ribéry, Nasri - tout juste entré en jeu - puis Pogba. Sans talent mais avec un certain soulagement, les Bleus repartent de Gomel avec trois points décisifs, assurant une qualification aux barrages, peu importe le résultat lors de la réception de la Finlande le 15 octobre prochain.


Certes, la France à inscrit 4 buts en Biélorussie, une très bonne chose pour la confiance. Mais au regard des noms des buteurs, pas le moindre attaquant. Pourtant, les Bleus ont du talent à revendre dans ce secteur mais entre un Benzema en manque de confiance et un Giroud en manque de repères, le problème semble être loin d'être résolu. Toute bonne équipe à un grand attaquant. L'Italie a Balotelli, l'Angleterre a Rooney, la Suède a Ibrahimovic, le Portugal a Cristiano - même s'il n'est pas attaquant à l'origine, l'Espagne a David Villa et les Pays-Bas ont Robin Van Persie. Les Bleus cherchent leur attaquant. Karim Benzema possède un talent incontestable et est capable d'enchaîner les buts. Néanmoins, il est loin le temps de l'Olympique Lyonnais. Il est de moins en moins décisif et vendange ses occasions. Il a la volonté mais plus les matches avancent, plus le joueur du Real doute. Au point de ne plus marquer avec l'équipe de France depuis 1217 minutes. Son talent lui a permis d'avoir la confiance - pour certains entêtée - de son sélectionneur jusqu'à hier soir. Benzema mis sur le banc, c'est à Olivier Giroud, plus en réussite à Arsenal avec un début de saison correct (3 buts en Premier League), qu'est revenu la responsabilité de la pointe, le jeu aérien en plus. Pourtant, le Frenchie ne s'est pas vraiment montré plus déterminant face à la Biélorussie que lors de ses bouts de match en Géorgie ou contre l'Espagne. Toujours pas d'attaquant mais le principal est là, les Bleus sont deuxièmes.

 

Les barrages, 20 ans après la Bulgarie


Mais tout reste à faire pour l'équipe de France : passer les barrages. En 2009 déjà, les Bleus sont passés tout près de l'élimination face à une généreuse et talentueuse Irlande, jusqu'à ce qu'une main de Thierry Henry ne permette à Gallas d'envoyer les bleus en Afrique du Sud pour un mondial qu'il est préférable d'oublier. Cette année, malgré son terrible classement FIFA (23ème), la France devrait figurer parmi les têtes de série et éviter des équipes du calibre du Portugal, de la Suède ou de la Croatie. Rien n'est joué dans les autres groupes, la lutte pour la deuxième place étant très serrée. Parmi les adversaires possible des Bleus, la Bulgarie. Si elle n'a qu'un point d'avance dans son groupe sur le Danemark et si elle vient à affronter les Français dans ces barrages, on reviendrai alors 20 ans en arrière, au mauvais souvenir des joueurs des Balkans qui ont infligé une gifle à la génération Papin, privant la France du mondial américain en 1994. Mais peu importe le futur adversaire, Didier Deschamps devra trouver la bonne clé pour passer sereinement cette épreuve pour s'envoler vers le Brésil. Les Bleus devront montrer un autre visage, à la fois plus conquérant mais aussi plus rassurant et surtout plus plaisant, agréable. Bétonner le couloir gauche, avec des Evra et Clichy défaillants sur les dernières sorties mais surtout résoudre l'épineux problème de la pointe, sans laquelle le France ne pourra pas toujours sauver les meubles. Si les Bleus rééditent les mêmes performances sportives et montrent les mêmes qualités de jeu que précédemment, la qualification risque d'être compliquée, les plus pessimistes - Jean-Michel Larqué entre autres - estimant qu'ils n'ont que 10% de chances de passer.

 

Est-ce que la version Didier Deschamps de l'équipe de France sera capable de puiser dans les même ressources que contre la Biélorussie pour aller chercher des victoires précieuses pour la qualification ? Les attaquants arriveront-ils enfin à trouver le chemin des filets ? Si la route vers le Brésil se dégage, seront-ils capable de faire oublier les dernières compétitions et iront-il loin ? Toutes ces questions se posent légitimement au vu de la qualité et l'engagement proposées par l'équipe de France actuelle. Faut-il éloigner certains vieux éléments pour injecter des nouveaux pions capables de déplacer des montagnes ? Un premier pas est fait avec Paul Pogba qui, malgré sa prestation moyenne en Biélorussie, fait partie des fondations de l'équipe de France de demain. Demain commence aujourd'hui.

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