Je suis un journaliste en formation au sein de l'Université de Cergy-Pontoise. J'ai quelques projets média en tête, notamment au Danemark. J'aime le sport mais je me dois de toucher à tout.
La cinquième confrontation de la saison entre les deux rivaux du championnat allemand, le Borussia Dortmund et le Bayern Munich, est sans doute celle qu'il ne faut pas perdre. En effet, l'enjeu est des plus prestigieux : ramener la Coupe aux Grandes Oreilles à la maison. C'est la première fois que deux clubs allemands ont l'occasion de se hisser sur le toit de l'Europe et la lutte promet d'être très intense physiquement.
Après avoir surpris et émerveillé le monde du football lors des demies-finales, en éliminant le Real Madrid (4-1/0-2) pour les uns (Dortmund) et en surclassant littéralement la meilleure équipe du monde, le FC Barcelone, étonnamment faible (4-0/3-0) pour les autres (Munich). Et ce sont deux équipes qui se connaissent très bien. En effet, les Bavarois ont gagné les deux matches de Bundesliga contre ses rivaux tandis que les deux équipes se sont séparées sur des matches nuls en Coupe. Quoi qu'il en soit, la finale se jouera sans Mario Götze, laissant ses coéquipiers de Dortmund affronter le Bayern Munich, son futur club.
La première mi-temps tient toutes ses promesses, avec un match physique, beacoup d'engagement et quelques belles occasions. C'est Dortmund qui ouvre les hostilités avec l'inévitable Lewandowski, libre de tout marquage, dont la frappe oblige Neuer à une première parade grandiose. Dans la foulée, sur contre-attaque, c'est encore le Borussia et Blaszcykowski qui permet au gardien bavarois de se montrer à la hauteur (14'). Le Bayern voit ses buts assiégés par ses rivaux mais les tentatives de Reus (19') et Bender (22') ne font pas trembler Neuer.
Peu à peu, les Bavarois se réveillent et commencent à se procurer des occasions dangereuses. Sur un très bon centre de Ribéry, la tête de Mandzukic oblige Weidenfeller à la parade (26'). À dix minutes de la pause, Lewandowski réussit un incroyable slalom au milieu des défenseurs munichois et les éliminent, avant de perdre son duel face à Neuer. Dans des conditions similaires, Robben se retrouve seul face à Weidenfeller, connaissant le même sort. Les équipes rentrent aux vestiaires dans un match très spectaculaire comme en Bundesliga.
En seconde période, le spectacle continue et sera cette fois-ci plus fort en suspens et en rebondissements. À l'heure de jeu, Arjen Robben s'enfuit dans le couloir gauche et réalise un une-deux avec Ribéry. Arrivé dans la surface de réparation, à la limite de la sortie de but, le Néerlandais adresse un centre à l'aveugle, passant devant Weidenfeller et trouvant le plat du pied imparable de Mandzukic, qui ouvre le score (1-0, 60'). Mais Dortmund est déterminé et ne se laisse pas faire. Sur une action paressant peu dangereuse dans la surface, Dante panique et bouscule Reus, offrant un penalty au Borussia. Du haut de ses 22 ans, Güdogan ne tremble pas et prend à contre-pied son vis-à-vis (1-1, 68'). Le match se déroule dans une très belle ambiance allemande à Wembley.
Le BVB commence à ralentir et se fait moins lucide. Après avoir effacé un défenseur puis le gardien de but, Müller tente un centre vers le second poteau. Le ballon arrive doucement sur Robben dont on pense qu'il marquera, mais c'était sans compter sur le retour in extremis de Subotic, qui sauve son camp. Cela aurait pu être le tournant du match, car dans la foulée, Lewandowski tente une lourde frappe lointaine, exceptionnelle, lui permettant de marquer un superbe but. Seulement, M. Rizzi avait sifflé une main de l'international polonais, lors de son contrôle du ballon (74').
Les occasions se multiplient et cette fois, Dortmund est acculé en défense, subissant les assauts bavarois. À la 76ème minute, Alaba tente une magnifique frappe limpide du gauche, passant entre les défenseurs et obligeant Weidenfeller à réaliser une parade exceptionnelle. Puis Müller sert Mandzukic, dont la frappe sort dans le petit filet (77'). La fin du match approche et Munich continue à exercer sa pression. Schweinsteiger essaie à son tour de tromper le portier adverse mais sa frappe du gauche est détournée par celui-ci. Enfin, la défense de Dortmund finit par plier. Après une percée de Ribéry dans l'axe, le Français, dos au but, adresse un talonnade à Robben, qui élimine Hummels d'un crochet avant de délicatement tirer du gauche (2-1, 89ème). C'est le jackpot et la libération pour les Bavarois, qui scellent leur destin.
Victoire dans la douleur mais victoire logique du Bayern Munich, tant ses joueurs ont mis la pression sur le Borussia Dortmund, comme ils savent très bien le faire. Et pour la cinquième fois de son histoire, le club bavarois se hisse sur la plus haute marche du podium européen, après avoir dominé cette Ligue des Champions de A à Z, en donnant une véritable leçon au FC Barcelone de Messi. Dortmund fut un adversaire valeureux mais une fois de plus, les coéquipiers de Franck Ribéry ont été les meilleurs.
Romain LAMBIC